Craintes liées au CoronaVirus et implications pour les marchés

03 février 2020

CoronaVirus │ Asie │Chine

Le 7 janvier 2020, la Chine a confirmé qu’une nouvelle forme de coronavirus avait été identifiée. Appelé « 2019-nCoV » (pour 2019 novel CoronaVirus), le virus pourrait être lié à une série de maladies dont la pneumonie apparue dans la ville de Wuhan, province chinoise de Hubei, à la fin 2019.

Le coronavirus provoque des maladies respiratoires et le « 2019-nCoV » a probablement touché des milliers de personnes, Malheureusement, il est probable qu’il continue de s’étendre. À titre de comparaison, le virus du SRAS a tué près de 800 personnes en 2003 et la grippe porcine 18 500 personnes en 2009, tandis que le virus de la grippe saisonnière fait entre 290 000 et 650 000 victimes chaque année, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Toutefois, ce n’est pas nécessairement le nombre de décès qui pourrait avoir des conséquences économiques, mais plutôt le facteur « peur » et les contraintes qu’il fait peser sur l’activité. Les autorités chinoises ont jusqu’à présent pris des mesures strictes – confinement de millions d’habitants dans la ville de Wuhan, restriction des déplacements à l’intérieur de la Chine, prolongation des vacances du Nouvel An chinois – afin d’empêcher la propagation de l’épidémie.

La réaction des autorités s’est également avérée nettement plus rapide que par le passé, puisqu’il ne s’est écoulé que trois semaines entre la notification du premier cas à l’OMS et les premières mesures prises par les autorités chinoises, contre 4 à 5 mois dans le cas du SRAS en 2003.

L’impact économique mondial de l’épidémie est difficile à estimer, car il dépendra essentiellement de la capacité de la Chine à contenir le virus, étant donné que la plupart des cas ont jusqu’à présent été identifiés dans ce pays. L’impact pourrait être significatif durant ce trimestre, alors que la possibilité d’un rebond au cours des trimestres suivants n’est pas exclue.

Lors de l’épidémie de SRAS de 2003, la croissance du PIB chinois a chuté de 10,5 % au premier trimestre à 3,4 % au deuxième trimestre, mais a rebondi de 13,5 % au second semestre, en partie grâce à une reprise mondiale et aux mesures spécifiques prises par le gouvernement chinois.

Le facteur « peur » et l’impact sur le marché des pandémies précédentes ont été limités dans le temps. Par exemple, l’épisode de grippe porcine qui a débuté le 24 avril 2009 s’est rapidement estompé, le nombre d’articles sur le virus H1N1 ayant atteint un sommet quatre jours plus tard. L’épisode du SRAS, de son côté, a duré environ un mois.

D’un point de vue sectoriel, les transports, le tourisme et l’hôtellerie en Chine pourraient être sous pression à court ou moyen terme. Les voyages à destination et à l’intérieur de la Chine sont soit interdits, soit limités et de nombreux cinémas et parcs à thème sont temporairement fermés.

Pendant les épisodes du SRAS et de la grippe porcine, les actions chinoises, les compagnies aériennes et les secteurs du luxe et du textile ont sous-performé l’indice MSCI World, de la date d’annonce de l’apparition du virus jusqu’au pic en termes de couverture médiatique. Cependant, elles ont toutes fortement rebondi dans le mois qui a suivi ce pic.

À l’heure actuelle, le secteur automobile est également touché par l’épidémie, alors que plusieurs constructeurs automobiles ont des fournisseurs, voire leurs propres usines à Wuhan. L’épidémie a également entraîné « un report vers les valeurs refuges », faisant chuter les taux d’intérêt internationaux et pénalisant les titres « value » par rapport aux titres de croissance de qualité.

Si l’on considère que les pandémies précédentes servent de repère pour l’épidémie de coronavirus, l’effet à long terme sur l’économie et les marchés financiers pourrait donc être modéré.

03 février 2020

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