BRIC : début de rebond du secteur manufacturier

02 octobre 2020

Les BRIC, le club des pays émergents (Brésil, Russie, Inde et Chine) forment un bloc économique important, représentant plus de 40% de la population mondiale et un peu moins de 25% du PIB mondial. Alors que la reprise de l'industrie manufacturière mondiale se renforce à la fin du troisième trimestre (indice JPM Global PMI à 52,3 en septembre, contre 51,8 en août), les secteurs manufacturiers des BRIC évoluent à trois vitesses différentes. 

Chine : le rebond se consolide

L'indice PMI manufacturier s'est établi à 53 en septembre, au-dessus de 50, seuil qui indique la séparation entre l’expansion et la contraction, et légèrement en dessous de la prévision consensuelle qui ne prévoyait pas de changement par rapport au niveau d'août de 53,1. Le secteur manufacturier chinois a maintenu une forte dynamique en septembre, les entreprises signalant de nouvelles augmentations de la production, soutenues par la hausse des commandes à l'exportation (près de 55 points). L'indice de l'emploi s'est stabilisé, après huit mois de suppressions d'emplois. Le marché du travail en Chine est probablement dans des conditions moins favorables que ne le suggère le faible taux de chômage urbain officiel (5,6%), les travailleurs étant retournés dans les provinces au plus fort de la crise sanitaire. La reprise de l'emploi est un facteur clé pour la reprise de la demande des consommateurs chinois, qui jusqu'à présent a peu contribué à la croissance. Avec une nouvelle hausse des nouvelles commandes, la reprise de la deuxième économie mondiale semble se renforcer. L'économie chinoise devrait connaître une croissance de 3% en 2020, grâce à la reprise de la demande extérieure et à la forte contribution des investissements publics.

 

Inde et Brésil : un regain d'optimisme en forme de V

L'Inde et le Brésil représentent les deuxième et troisième pays les plus touchés en termes de nombre de cas de COVID-19. Les mesures de confinement ont été particulièrement sévères dans ces deux pays qui ont connu une chute vertigineuse de la production industrielle : -57% en glissement annuel en Inde et -27% au Brésil au plus fort de leurs crises respectives en avril. Depuis, la production s'est améliorée, mais reste inférieure aux niveaux de 2019 pendant la même période (-10% et -3% respectivement en juillet). Les données de l'enquête indiquent des niveaux records d'optimisme de la part des entreprises, alors que les mesures de lutte contre la pandémie sont progressivement assouplies. En Inde, l'indice PMI manufacturier a grimpé à 56,8 en septembre, dépassant largement la prévision consensuelle de 52,8. Au Brésil, l'indice PMI manufacturier a continué d’augmenter pour le deuxième mois consécutif, passant de 64,7 en août à 64,9 en septembre. Ces chiffres exceptionnels révèlent un fort rebond mécanique du sentiment des entreprises après une période inédite et avec l'annonce de plans de relance budgétaire massifs. Les entreprises brésiliennes ont signalé une accélération de l'emploi en septembre, tandis que les entreprises indiennes ne semblent pas suffisamment confiantes pour renverser la tendance à la suppression d'emplois qui perdure depuis six mois. Dans l'ensemble, nous devrions continuer à observer des chiffres de croissance industrielle plus solides grâce au rebondissement technique dans ces pays, mais la reprise reste fragile car la pandémie poursuit sa progression, en particulier en Inde, et les plans de relance viendront peser sur les ratios déjà élevés de dette publique.

 

Russie : le retard de croissance

Contrairement à ses homologues, l’activité de l'industrie manufacturière russe est restée modérée en septembre ; l'indice PMI demeure en dessous du seuil de 50 points, indiquant une nouvelle contraction de l'activité en septembre (48,9, en baisse par rapport à 51,1 en août). L'indice de l'emploi dans le secteur manufacturier a également poursuivi sa chute, dans un contexte de baisse des entrées de commandes. Le secteur industriel russe dans son ensemble souffre de la contraction de l'extraction des matières premières (-11,8% en août) ainsi que de la réduction de la distribution d'électricité et de gaz (-3,6% contre -2,6%).  Avec un excédent des comptes courants (1% du PIB), une faible dette publique (15% du PIB fin 2019) et une pandémie assez bien maîtrisée jusqu'à présent, la Russie est relativement mieux équipée que par le passé pour faire face à la crise actuelle. Toutefois, les restrictions en matière de distanciation sociale et l'effondrement des prix des matières premières devraient continuer à peser sur la croissance. Le PIB russe devrait se contracter de 5% en 2020. 

 

Dans l'ensemble, la Chine reste le moteur de la croissance du secteur manufacturier mondial, grâce au déconfinement de son économie suffisamment tôt pour bénéficier de la reprise de la demande extérieure. La reprise au Brésil (et dans une moindre mesure en Inde) semble se renforcer, mais nous restons réservés sur l'Amérique latine étant donné les fondamentaux économiques relativement plus faibles de ces économies.

Sources : Markit, Datastream, Indosuez Wealth Management

Source: Reuters, Datastream, Indosuez Wealth Management

Sources : Focus Economics, Indosuez Wealth Management

Source: CA CIB Economic Research, Indosuez Wealth Management

 

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02 octobre 2020

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