La nouvelle géographie de l’inflation
L’inflation post-pandémie est désormais une histoire fragmentée, façonnée par le mélange unique d’énergie, de travail, de technologie et de politique propre à chaque région. Bien que nous considérions la vague actuelle d’inflation comme principalement transitoire, la persistance des perturbations de l’approvisionnement énergétique accroît le risque de pressions inflationnistes plus durables et de réponses divergentes des banques centrales. Les marchés obligataires suivent de plus en plus ces risques, tandis que les marchés actions restent soutenus par l’accélération du momentum de l’intelligence artificielle (IA).
Le scénario de base reste d'actualité pour l'instant
Jusqu'à présent, l'Année du Cheval de Feu confirme nos prévisions présentées dans le Global Outlook 2026. Après la correction des marchés due à l'escalade du conflit au Moyen-Orient, l'annonce d'un cessez-le-feu a entraîné une baisse relative de la volatilité. Cette stabilisation reste fragile et s'accompagne d'une nette découplage entre les classes d'actifs et les régions.
Les marchés obligataires restent principalement influencés par les conséquences macroéconomiques du choc énergétique, qui s’est traduit par une forte hausse des taux d’intérêt et une correction des cours obligataires. Les marchés actions bénéficient de fondamentaux solides, notamment soutenus par la dynamique de l’intelligence artificielle (IA), même si des disparités sectorielles et régionales persistent.
Actions : l’IA et l’indépendance énergétique, des thèmes majeurs
Nous conservons une vision positive des actions, même si le potentiel de hausse à court terme pourrait rester limité en raison des incertitudes géopolitiques et des taux d’intérêt élevés. Dans nos allocations, nous maintenons une exposition significative aux actions américaines, grâce à la résilience de l’économie américaine et à sa moindre dépendance énergétique. Les entreprises technologiques à forte capitalisation boursière confirment leur vigueur et restent des actifs de qualité dotés d’une forte capacité de fixation des prix et d’innovation.
Les actions des marchés émergents restent importantes, les marchés asiatiques tirant parti de l'IA, financés par une sous-pondération du Japon. En revanche, nous adoptons une approche plus prudente vis-à-vis des actions européennes, en privilégiant les grandes capitalisations et les thèmes liés à l'autonomie stratégique.
Obligations : un contexte complexe marqué par les pressions inflationnistes et le resserrement de la politique monétaire
Le contexte obligataire reste complexe, caractérisé par des pressions inflationnistes et un resserrement de la politique monétaire des banques centrales. Les obligations d'État ne remplissent plus leur rôle d'actifs de couverture et l'attrait de cette classe d'actifs est limité. Nous maintenons donc une faible sensibilité aux taux d'intérêt dans nos portefeuilles. Les échéances courtes et moyennes dans la zone euro offrent des opportunités de réallocation tactique.
Nous restons optimistes à l’égard des obligations d’entreprises européennes en raison de leurs fondamentaux solides et de leur rentabilité. Les obligations d’entreprises investment grade libellées en dollars présentent un profil contrasté en raison de la concentration dans le secteur technologique.
Les obligations des marchés émergents en devises locales conservent un profil attractif grâce à des rendements réels élevés, malgré une exposition à la volatilité.
Devises et or : le dollar en profite pour l'instant, le yen sous pression
Le dollar américain continue de profiter à court terme des incertitudes géopolitiques, mais pourrait reprendre une tendance baissière à moyen terme en raison de la diversification des réserves. Le yen reste par ailleurs sous pression en raison de la dépendance énergétique et de son rôle de monnaie de financement.
L'or pourrait peiner à progresser davantage à court terme, mais reste soutenu à moyen terme par des fondamentaux solides et le contexte géopolitique.
01 juin 2026